Mme Gudmüsen me parle islandais, je réponds en anglais ; nous ne nous comprenons pas toujours, alors nous achevons nos phrases par un sourire ; mais ce que mon âme ressent, c’est la bonté de ce cœur de femme qui se penche vers moi, sentant bien qu’au fond ce grand garçon, qui est devant elle, doit avoir, à l’autre bout de la terre, une vieille maman qui attend et espère.
Sur la nappe, brodée d’un dessin minutieux et simple, il y a trois roses. Trois roses d’un rose un peu pâle, richesse inouïe sous cette latitude ?
Trois roses cueillies pour moi et qu’elle m’a offerte… Roses qui avivaient la main fanée d’une vieille dame qui me fut compatissante et dont je garde un souvenir ému.
III
LA MONTÉE DU CALVAIRE
Les poneys piaffent sur la route. Einar Jonson serre la dernière boucle, assure une corde, allonge un étrier.
— Monsieur, c’est prêt !
— Tout va ?
— Oui, monsieur.
— Bien. En route.