Pour son malheur, il dévale vers le Lagarfljot et, fou de terreur, se jette à l’eau…
Il nage, il nage éperdument, gagnant peu à peu le milieu du fleuve ; mais le fleuve a des lames courtes.
Là-haut, la mère affolée bêle, bêle, bêle, bêle…
L’agnelet tourne la tête. Ce mouvement lui est fatal ; il ouvre sa bouche, son mufle se retrousse pour un bref bêlement.
— Reviens, reviens, reviens ! appelle la maman.
— Bé…é…é.
Le flot a étouffé la voix. Le petit corps disparaît, remonte, fait une tache blanche sur l’eau opalisée, puis sombre à tout jamais.
Sur le rocher, la brebis bêle avec des chevrotements pareils à des sanglots.