Mais Einar Jonson représente la justice immanente.

Petit Guimy revient, jappant, queue frétillante.

L’homme descend de cheval. D’un geste, il cueille l’animal qui se tord sous l’étreinte.

Un coup sec, un cri atroce ; les reins cassés, Petit Guimy n’est plus.

Einar, justicier et bourreau, lance le corps inerte dans le fleuve qui roule maintenant dans une même paix le chien et le petit agneau.


Pauvre, pauvre Petit Guimy ! Hier encore vous étiez chez votre maître. Vous dormiez, je m’en souviens, devant le feu qui illuminait la chambre ; vous étiez roulé en boule dans les poils longs d’une toison.

Votre peau avait, par moments, des secousses brèves ; vous grogniez aussi, heureux.

Mais, dites-moi, qui peut éviter son destin ?