Les deux Islandais nous ont quittés, nous suivons toujours le fleuve, qui va s’amincissant.
Trente mètres séparent ici les deux rives.
Une église de bois dresse son grêle clocher.
Nous allons, sans un mot ; seul, le sabot des poneys roulant sur les galets anime le morne paysage.
Un baer misérable, Midhus. La fermière a entendu le pas de nos chevaux, elle est là qui nous prie d’entrer dans sa maison.
Refuser serait offenser cette femme. Nous la suivons. Hâtive, sur le bois blanc, elle a jeté une nappe brodée, le moulin broie les grains, bientôt la bonne odeur du café monte.
Sur un napperon de dentelle, elle nous porte un morceau de sucre, seul trésor de cette pauvreté.
Le liquide brûlant nous ranime, mais l’étape n’est point finie. En selle ! Au revoir, hôtesse. La femme nous fait un signe de la main.
Nous partons dans un galop.