Je ne souffle plus mot ; alors il respecte mon silence, sa cervelle vide ne s’embarrasse pas d’idées superflues.

Si l’on m’interrogeait, moi, pourrais-je répondre ?

Je vais en Islande, c’est entendu.

Pourquoi ?

Pourquoi ? Je n’en sais rien… Je vais en Islande, c’est un fait ; ce soir, je serai à bord, demain, je partirai.

Je partirai, une fois encore, vers d’autres horizons, sur des mers inconnues, pour la réalisation de quels rêves ?

Freddy, mon ami, les quelques mois de Paris n’ont point assagi votre âme, il vous faut toujours des formes nouvelles…

Une sirène déchire l’air… l’écho se prolonge longtemps sur le fleuve.

Les grands coureurs de mer s’apprêtent.

L’Asie lèvera l’ancre à l’heure de la marée ; un mince filet de fumée sort d’une cheminée, s’étire et reste dans l’air immobile.