Dans le mitan du fleuve, l’Yport est une bête grise sur le gris argenté des eaux.
— Ohé ! du canot !
Le matelot godille vers moi. Il accoste. Je saute dans l’embarcation. En route !
Je grimpe, leste, l’échelle de corde. Derrière un rideau de toile, le navire qui, du quai, paraissait mort, vit d’une vie intense. Tout l’équipage est au travail. Les cales ouvertes montrent des monceaux de morues ; on les compte, on les charge dans des mannes d’osier, on les porte sur la bascule, on les pèse, on vide le chargement dans une gabare.
— Le capitaine ?
— C’est moi.
L’homme s’est retourné tout d’une pièce. Il est grand, la poitrine large, le menton volontaire, les yeux clairs et durs ; le regard de Jean Lorrain dans le portrait de La Gandara.
Je suis frappé de la ressemblance.
Il se nomme :