— Capitaine Deshayes, de Fécamp.
De Fécamp ! mon étonnement disparaît.
A Béziers, à Toulon, à Nice, j’évoquais en voyant le masque de Lorrain la lignée des pirates normands. Celui-ci est de Fécamp comme celui-là. A la bonne heure, j’aime cette race.
— On m’avait annoncé votre venue. La cale est vide, nous pourrons partir demain.
Le capitaine croit devoir s’excuser.
— Vous savez, ici, ça n’est pas confortable.
J’ai un sourire de coin qui trompe mon homme. Il ajoute :
— Ça n’est pas un paquebot. Et, comme pour confirmer son dire, il me montre l’étroite cabine et le coffre de bois qui, pendant des jours et des jours, me serviront de logis et de couchette.
L’odeur de saumure monte, violente, odeur de l’océan qui me prend et que j’aspire, les narines ouvertes…