Il souffre dans sa carcasse, jamais plus dans son cœur, pauvre chère chose grelottante et pitoyable ; mais, au souffle des rafales qui passent, les poumons se vivifient et ce cœur reçoit un sang nouveau qui le régénère et l’exalte.
La neige est un cloaque où l’on patauge sur le terrain spongieux, les chevaux enfoncent, j’ai de la boue jusqu’au ventre.
Nous commençons à descendre péniblement, les poneys glissent sur leur arrière-train. Une rivière barre la route, la croûte de glace est peu sûre.
Le poney-guide, plusieurs fois, l’a tâtée du sabot.
Enfin, là, il se décide. Suivons-le.
Mais l’autre rive est escarpée. Avec son fer, le poney creuse, creuse ; par la même trouée, toutes les bêtes ont passé.
La brume, sans raison, se dissipe d’un seul coup, et c’est la féerie de la merveilleuse nuit polaire. Dans le ciel d’un vert tendre, il y a des nuages roses qui courent, poussés par une brise invisible.
Nos chevaux font lever un vol de cygnes sauvages.