Des œufs de canes sauvages. En une heure, trois gamins et moi emplissons la moitié d’un baril. Les mères canards volettent en poussant leur an-aa-an qui revient comme un refrain fatidique.

Les mâles, indifférents, font miroiter leurs plumes qui, autour du cou, sont d’un vert métallique.


Myvatn est un étonnement au milieu de la lave, une lave aux reflets d’un bleu d’acier ou d’un rouge de rouille. A Myvatn, il y a des arbres.

Des arbres ? Entendons-nous, des arbustes, hauts comme ça… Des bouleaux nains que les Islandais appellent birk et qui méritent bien leur nom latin : betula odorata, cela sent bon la myrrhe.

Les oiseaux, étonnés d’être dans un feuillage, chantent.


C’est une région où j’aimerais rester longtemps. La Montagne Bleue est si belle, elle se découpe si nette sur le ciel, son profil se reflète si pur dans les eaux du lac. Oui, mais la Montagne du Vent, la Montagne des Cendres, la Montagne du Soufre montent la garde, attestant que les dieux enchaînés, les cyclopes géants, n’ont pas abandonné toute espérance.

Pour peu que l’on prête l’oreille, on entend le marteau de Vulcain résonner sur l’enclume ; la forge est en activité, la flamme siffle, le soufflet grince.

Demain, le lac sera-t-il là ?