La Montagne Bleue est couverte de neige rosissante. La Montagne du Vent creuse, à son sommet, un cratère mort couleur de cendre, d’un gris métallique.
Le lac est bossué d’îlots formés de roches éruptives ; sur les eaux calmes passe le vol oblique des canards sauvages, qui sont ici par centaines.
Et dans la paix du soir, — est-ce bien le soir, cette éternelle lumière ? — je regarde la silhouette de la croix du Christ, qui se découpe, nette, sur la page du ciel. Car il y a à Rejkjahlid, une église, humble et minuscule, où le prêtre vient une fois par mois louanger le Seigneur, une église qui garde un étroit cimetière où sont rangés huit tertres herbeux.
Ici aussi, la mort est anonyme. Que sont, du reste, ces fragiles poussières devant l’effroyable majesté des paysages millénaires ?
A Rejkjahlid, il y a un petit moulin aux ailes trapues, un petit moulin juché sur un perchoir, un petit moulin à quatre marches.
Quatre marches de bois, quatre brasses de toile : un petit moulin à l’échelle de la petite église.
Le canot glisse sur les eaux vertes du Myvatn ; on aborde les îlots volcaniques. Dans les roches, il y a des centaines de nids ; dans les nids, des centaines d’œufs.