Ils sont grossièrement équarris, mais le dessus est d’un poli rendu brillant par l’usage.

Les tisserands, assez nombreux ici, font, outre des bandes de coton blanc très fin, une autre étoffe rayée de bleu et de blanc dont ils semblent avoir la spécialité et qui est recherchée par les marchands ; on la nomme kani-fini. Les teintures à l’indigo obtenues ici sont d’un bleu terne, inférieur à celles des noirs du Sénégal.

Les Sénoufo emploient pour teindre leurs étoffes, outre l’indigo, la couleur brune tirée d’un arbrisseau appelé bassi chez les Malinkés et raat par les Toucouleur, mais ils l’emploient plus légère, plus claire. Une fois l’étoffe teinte, on l’étend sur une calebasse ou sur une planche bien unie et l’on y dessine en noir, à l’aide d’une tige de mil taillée grossièrement en plume, des losanges, des carrés, des triangles, etc., qui forment généralement des damiers irréguliers. Le noir employé à cet effet est obtenu par de la terre ferrugineuse ramassée dans le lit des marigots et déposée pendant quelque temps dans de vieux chaudrons en terre. On obtient ainsi une sorte de couperose (sulfate de fer).

Les forgerons, appelés en sénoufo toumono, ne s’occupent exclusivement que de l’extraction et de la préparation du fer. Le cubilot, de petite dimension, est mis quelquefois directement en contact avec le soufflet de forge pour qu’on puisse à volonté ralentir ou activer le feu. Ces cubilots ne peuvent donner qu’une très petite quantité de fer, aussi les toumono ont-ils des hauts fourneaux en terre glaise de grande dimension dans les endroits où le minerai est abondant. Le tirage obtenu avec des tuyères n’est pas assez puissant pour leur permettre d’obtenir de la fonte, qui est absolument inconnue chez eux. Contrairement aux hauts fourneaux qu’on voit généralement, ils ne sont pas ronds, mais carrés et surmontés d’un tuyau rond de 60 centimètres de hauteur. Aux deux angles diamétralement opposés sont élevés deux grands contreforts en terre munis de marches permettant aux individus qui chargent le fourneau de monter facilement le minerai.

Les toumono fabriquent les outils, la batterie de cuisine, réparent les fusils, mais ils ne font aucun bijou en or, argent, cuivre ou fer : c’est ici une spécialité dont ne s’occupent que les fono (sorte de bijoutiers) ; ceux-ci font aussi de grossières sonnettes en cuivre.

Figures dans l’intérieur des cases et lit.

La poterie est polie intérieurement avec des gourmettes en fer fabriquées par les fono.


★ ★

Iawakha, le chef de Fourou, auquel j’ai déjà fait visite plusieurs fois, m’a envoyé une belle génisse ; le jour de mon arrivée, mon hôte m’a donné à plusieurs reprises du mil et du maïs.