A mon arrivée à Sénou, je demandai à quel chef je devais m’adresser pour faire parvenir ma lettre de recommandation à l’almamy. On me répondit que ce territoire était commandé par Famako, qui résidait habituellement à Tenguélé, près Ouolosébougou, mais que ce chef était à la guerre et qu’à Ouolosébougou seulement je trouverais à qui parler.
La proximité de la frontière soumet cette région aux incursions des pillards venant des territoires soumis à Madané.
Le jour de mon passage à Sénou, un homme de Badoumbé que j’avais croisé en route revint deux heures après au village et me raconta que des Toucouleur venaient de lui enlever ses quatre captifs et les charges de kola qu’ils portaient. Il ne devait son salut qu’à la fuite. Depuis j’ai appris que les marchands attendent généralement qu’ils se trouvent en nombre pour quitter Sénou et se rendre à Bammako.
2 juillet. — L’étape de Sénou à Sanancoro est peu fatigante ; le terrain est plat et sablonneux ; je remarque qu’il y a beaucoup de cé (arbres à beurre) dans cette région ; mais, en revanche, on ne voit ni baobab, ni rônier, ni tamarinier.
Près des ruines de Banancoro, il faut traverser un petit marigot de 2 mètres de large, mais qui est très profond en cette saison, et dépourvu de pont. Il faut décharger les animaux. Aussitôt après, on entre dans les cultures de Sanancoro, qui s’étendent fort loin. Beaucoup d’entre elles sont en friche et restent inexploitées faute de bras. Sanancoro contient à peine aujourd’hui 300 habitants, tous bambara, des tribus sokho et dambélé.
Types de cases bambara.
Dans l’intérieur du village, il y a deux petites places carrées et entourées de cases bambara assez originales par leur ornementation.
Je donne ci-dessus un croquis de celles qui m’ont paru le mieux ornementées.
Aucune d’elles ne fait l’office d’habitation, mais, dans la journée, elles servent de lieu de réunion aux oisifs. Dans le creux d’une des cases sont disposés des rondins en bois qui servent de sièges aux spectateurs les jours de tam-tam.