1o La belle pintade grise, avec son plumage demi-deuil, qui est très commune sur toute la côte occidentale d’Afrique et dans le Soudan et qui a été importée en Europe par des moines portugais : c’est celle de nos basses-cours de France.
2o La pintade rouge, très commune sur la côte orientale.
Celle qui est élevée ici a le plumage d’un blanc un peu terne, émaillé de petits pois d’un blanc beaucoup plus éclatant ; elle a les pattes et le bec d’un beau jaune orange ; et ses deux joues charnues, qui pendent de chaque côté de la tête, sont d’un rouge sang ; elle a la taille de la pintade sauvage ; comme celle-ci, elle a le crâne recouvert d’une sorte de carapace et le cou légèrement déplumé. Les habitants m’ont dit qu’elle provenait de l’est et que j’en verrais dans tous les grands villages que je traverserais à l’avenir.
23 décembre. — La fin du mois approche, et les hommes de Niélé partis pour Sikasso ne sont pas de retour ; je passe mon temps à me familiariser avec le langage des Siène-ré et à prendre des renseignements sur la région. Tous les matins, avant la forte chaleur, je vais chasser aux environs. Le petit bois est le lieu favori de mes excursions. Bien qu’il soit à côté du village, il renferme beaucoup de gibier, les indigènes ne mangeant rien de ce qui en vient, parce qu’ils y enterrent leurs morts et y font leurs sacrifices.
C’est sous des arbres de diverses essences que l’animal à sacrifier est égorgé. Les abords de cet arbre fétiche sont soigneusement nettoyés et les herbes enlevées ; il en est de même des avenues qui y conduisent. Une fois l’animal tué, on l’emporte dans le village pour le manger. La tête est ensuite rapportée sous l’arbre et placée dans une fourche ou suspendue à des branches. Autour de ces arbres fétiches, il y a quantité de chaudrons en terre de formes diverses, de vieux manches d’instruments de culture, et autres objets hors de service, tels que vieux linges, calebasses de diverses dimensions, queues de vache, etc. ; sous l’un des arbres est disposé sur des fourches un morceau de bois creux de 80 centimètres de diamètre dans lequel il y a des herbes et des plantes diverses.
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Les Siène-ré se reconnaissent à trois incisions de 4 centimètres de long qu’ils se font de chaque côté de la bouche ; elles ne sont pas absolument parallèles et s’écartent légèrement en éventail vers leur extrémité qui atteint le milieu de la joue. Certains d’entre eux ajoutent à ces entailles une marque de chaque côté du nez et quelquefois deux ou trois entailles de 2 centimètres seulement de chaque côté de l’œil.
Ces trois marques de chaque côté de la bouche se retrouvent dans tous leurs dessins ou moulures en relief chaque fois qu’ils représentent une tête de bœuf ou de fauve : elles doivent représenter la moustache d’un lion ou d’une panthère.
Quelques Siène-ré hommes ont des incisions sur le ventre ; mais les femmes ont toutes le ventre et la poitrine plus ou moins agrémentés de carrés, de losanges et de figures géométriques bizarres.