Un arbre fétiche.
Elles ont, pour la plupart, un petit anneau dans le nez ; celles qui ne sont pas assez riches y introduisent, en attendant, un petit fil de laine ou de coton. Leur lèvre inférieure est percée comme je l’ai expliqué à Tiong-i.
On rencontre souvent chez elles des types qui ne seraient pas laids si ce n’était cette vilaine coutume de se défigurer.
Les hommes sont bien bâtis et ont le physique agréable ; quand ils sont jeunes, ils ont la figure ronde et de grosses joues : ils respirent la santé. Dans un âge plus avancé, leur physique se modifie d’une manière étonnante : la face devient anguleuse ; ils laissent souvent pousser la moustache, la barbe et même la barbiche, ce qui leur donne un air de vétéran.
La circoncision existe chez les Siène-ré et l’excision, se pratique chez les femmes, mais seulement après avoir eu leur premier enfant. Les mœurs y sont excessivement légères : les jeunes filles ont presque toutes eu un enfant avant de se marier. Quand une jeune fille ou une jeune femme meurt sans enfant, il s’attache réellement une grosse superstition à sa mort et l’on a toutes les difficultés à trouver des gens de bonne volonté pour procéder à la pompe funèbre habituelle.
Le salut s’exécute face en arrière ; les femmes se prosternent devant vous en vous tournant le dos. Pour vous honorer, on vous saisit le bras droit et on le lève en l’air.
En dehors des particularités qui se rattachent à leur culte et dont j’ai déjà parlé plus haut, le culte des bosquets sacrés offre beaucoup d’analogie avec celui des Mandé-Bambara et des Mandé-Malinké, qui, eux aussi, ont des bosquets et des lieux sacrés.
Ils ont, comme ces derniers, des namabong (cases à idole) et des namatigui (ministres des idoles).
On retrouve ces pratiques un peu chez tous les peuples du Soudan occidental, même chez les Wolof, qui, eux, ont le khérem (l’idole ou l’habitation de l’idole), qui est regardé comme la demeure d’un génie ; le ministre du culte se nomme borom khérem en wolof.
Sans être de même race que les Mandé, les Siène-ré ont, depuis longtemps (probablement au moment de l’apogée de l’empire mandé), pris les diammou (noms de tribu) des Mandé. J’ai trouvé chez eux : des Konné, des Sanokho, des Diarabasou ou Diarasouba, des Bamma, des Traouré, des Konaté, des Ouattara, des Daniokho, des Diabakhaté, des Kouroubari, des Kamara, et des Dambélé.