Quelle différence avec nos villages wolof, où le tam-tam résonne une partie de la nuit et où, à trois heures du matin, tous les pilons à couscous troublent votre sommeil !
Ici rien de tout cela : la misère a abruti ces pauvres gens ; ils ne ressentent plus ni joie ni douleurs ; c’est à peine si on les voit se préparer quelque nourriture.
Les marchés journaliers de Ténetoubougoula se tiennent sur deux petites places et se prolongent chacun dans une ruelle étroite, plus sale peut-être que le reste du village. On trouve à y acheter tous les jours :
Du tabac à fumer et à priser ;
Des feuilles servant à emballer les kolas ;
Deux ou trois calebasses de mil ou de fonio ;
Des petits tas de sel ;
Du piment, du netté, des cé ;
Des rondelles de patates sèches ;
Sur une peau, de petits tas de viande à moitié pourrie ;