Quand l’hémorragie se produit, les noirs font aussi quelquefois des ligatures et mastiquent la plaie avec de la terre pour arrêter le sang. Si la plaie devient mauvaise, on emploie le diala.

Le diala, plus connu au Sénégal sous le nom de caïlcédra, est un arbre qui existe dans tout le Soudan : il atteint généralement de très grandes dimensions ; son bois, sorte d’acajou, est très dur et assez lourd ; il est connu de tous les ouvriers en bois du Sénégal, et sert aux Laobé[12] et aux noumou (forgerons) à faire des pirogues, des tabourets, des massues à battre le linge, les pilons à couscous, etc.

Mutilation de trois voleurs.

Le docteur Borius et M. Bérenger-Féraud ont signalé, il y a longtemps, l’efficacité d’une décoction d’écorce de diala pour combattre les fièvres non rebelles, mais je ne crois pas qu’aucun de ces messieurs ait parlé de son emploi pour la guérison des plaies mauvaises.

Voici comment on l’emploie :

On fait cuire un morceau d’écorce du poids de 1 kilogramme environ dans 2 litres d’eau et on laisse réduire à 1 litre. Cette préparation sert à laver et nettoyer la plaie.

Un autre morceau d’écorce fraîchement coupé est pilé dans un mortier à mil jusqu’à ce qu’on obtienne une sorte de pâte. Cette pâte est séchée au soleil, les gros résidus sont enlevés et la poudre qui reste est employée à saupoudrer la plaie après chaque lavage ; la croûte qui ne tarde pas à se former est enlevée tous les jours jusqu’à ce que toute trace de suppuration ait disparu et que la plaie ait l’aspect sanguinolent.

On cesse ensuite les lavages et l’on se contente de saupoudrer les parties non recouvertes de croûte.

J’ai eu un mulet dont le palefrenier avait par mégarde changé le bât ; ce nouveau bât, trop petit, avait engendré sur le côté une grosseur qui, malgré les compresses d’eau froide, ne s’est pas réduite ; au bout de huit jours, cette grosseur était une plaie de la largeur d’une main et présentait un trou de la grosseur du poing avec un fort décollement tout autour ; elle suppurait d’une façon inquiétante et je croyais mon mulet indisponible pour plusieurs mois. Un de mes indigènes lui appliqua le traitement ci-dessus ; le seizième jour la plaie commençait à se cicatriser, et le vingt-cinquième jour mon mulet était en état.