Ce sont les voies commerciales naturelles du sel et du kola.
Plus à l’est, le Mossi se met en communication avec le Libtako, et Dôre par Boussomo et Ponsa ; à Marraraba, à trois étapes au sud de Dôre, la route se bifurque pour se diriger à l’est sur Dôre et à l’ouest sur Kora et Lamorde dans l’Aribinda.
Barth, dans ses itinéraires, dit que Marraraba veut dire, en haoussa : « à moitié chemin », et qu’il serait curieux de savoir quel est le lieu dont Marraraba est le point central et intermédiaire.
C’est une erreur.
Marraraba veut dire, en haoussa : « bifurcation, embranchement », c’est le mot mandé faraka, il veut dire, en arabe vulgaire, « divisé ». Il est plus que probable que Marraraba est le nom donné par les Haoussa, mais que les autochtones désignent ce village sous un autre nom.
Le Haoussa est en relations avec le Mossi par une route fréquentée aussi, sur laquelle cependant je n’ai pu obtenir que des renseignements très vagues. Ce que je sais, c’est qu’elle passe à Ganzourgou et à Béloussa. A Zebbo (Yagha), elle rejoint l’itinéraire suivi par Barth quand le voyageur s’est rendu de Say à Lamorde.
Le Gourma ou territoire des Bimba (nom des indigènes du Gourma) communique de Noungou (capitale du Gourma) avec Waghadougou, par Bélounga et Koupéla. C’est une route peu fréquentée. Le caractère des Bimba est très belliqueux. Ce sont des peuples divers qui se rattachent ethnographiquement aux Mossi et aux Gourounga.
Vers le sud, reliant Waghadougou à Salaga, il n’y a pas de chemins bien définis, bien arrêtés. Les Gourounga sont pillards. La rapacité des chefs est excessive. Les marchands changent d’itinéraires très souvent ; les grandes escales sont cependant toujours à peu près les mêmes : ainsi Koupéla, Tangourkou et Yanga d’une part ; Béri, Surma, Souaga, d’autre part ; ainsi que Doullougou, Poukha, Pakhé ; et Baouér’a, Koumoullou, Pakhé, Korogo sont autant de centres qui jalonnent les voies de communication les plus importantes, sur lesquelles se dirigent indifféremment les marchands. On peut dire qu’ils sont comme les cases d’un vaste échiquier desquelles on gagne d’un point un autre en cherchant la sécurité pour se porter sur Oual-Oualé, Gambakha, Yendi et Salaga.
Les routes du Dafina, nous les avons décrites plus haut ; là aussi on cherche à louvoyer pour gagner, à travers le Dafina, Bobo-Dioulasou et Kong, ou encore Oua, Bouna, Kintampo et Bondoukou.
Le parcours de ces routes dépend essentiellement des incidents de la guerre ; le plus sage parti à prendre est de s’appuyer sur les tribus les plus fortes, c’est le seul moyen de passer. On ne peut pas dire qu’il existe une artère préférable à l’autre, elles se valent toutes ; la sécurité est un vain mot sur les chemins qui mènent au beau pays de Mossi.