Les chevaux provenant du Yatenga qu’on voit ici sont de deux races bien distinctes.

La plus commune a, sans en avoir les qualités, tous les autres caractères du cheval arabe : tête fine, encolure courte, membres grêles et croupe fuyante, crinière et queue très longues. Les robes qu’on rencontre le plus souvent sont bai, alezan, gris, isabelle et rouan ; ces trois dernières variétés ont toutes du ladre au chanfrein. Il est rare de rencontrer des chevaux sans balzanes. Dans cette race il y a beaucoup plus de chevaux de rebut que de bêtes de prix ; c’est le cheval arabe dégénéré. Quand le poulain atteint un an, il est monté, ne se développe plus, s’enselle et est hors de service à l’âge où en Algérie et en France il commence à rendre des services.

Races de chevaux.

Comme dans toutes les régions soudanaises, les robes et les balzanes entrent en ligne de compte pour la valeur des chevaux ; il est même très curieux de voir que pour cela ils ont les mêmes croyances que les peuples musulmans.

Car, si l’on en croit le Prophète :

Il en est de même pour les balzanes. Les Mossi, comme le général Daumas, disent :

L’autre race, que nous pouvons appeler, jusqu’à plus ample information, cheval du Yatenga, n’a rien du cheval arabe. C’est une belle et forte bête, ayant les caractères de notre cheval de dragons, environ 1 m. 57 à 1 m. 62. Il se distingue par une tête fine et bien attachée, les membres inférieurs forts, bien musclés, un sabot large et la corne bien consistante, un beau poitrail large, la crinière et les crins de la queue courts. Les robes les plus communes sont : différents bai et alezan. C’est un véritable cheval de guerre, une bête que nous devrions avoir dans notre Soudan pour remonter nos spahis. Je suis persuadé qu’on doit mettre beaucoup de soins à les élever et que les saillies ne sont pas l’effet d’un hasard, comme cela a lieu en général. Les poulains ne sont pas montés trop jeunes non plus, et tous ont un très beau dessus ; malheureusement ces chevaux ne subissent aucun entraînement. En permanence au piquet et entravés même quand on les mène à l’abreuvoir, ils ne sortent et ne sont montés quelquefois que tous les huit jours, et encore ! De sorte que quand une bête semblable doit faire campagne ou marcher tous les jours pendant deux ou trois mois, même sans fatigue pour un animal un tant soit peu entraîné, elle dépérit et meurt. Les produits de ces deux races mélangées donnent un petit cheval court et robuste ayant les caractères d’un petit cheval de trait d’Europe.