Les naba qui possèdent deux ou trois belles bêtes de la race yatenga les font entourer de soins. Chaque animal a son captif, gamin de dix à douze ans, qui ne le quitte pas, et le tient en main à l’aide d’un licol et d’une cordelette en crin. Ces petits palefreniers les bourrent de fourrages, toujours des graminées vertes, qu’ils leur introduisent de force dans la bouche, leur présentent de temps à autre un morceau de sel à lécher, et leur préparent des barbotages au son de mil. A l’aide d’une palette en cuir, ils chassent les mouches ; ils reçoivent le crottin et les urines dans une calebasse. Avec des ciseaux fabriqués dans le pays, on fait les crins et coupe les poils des oreilles, mais on ne sait pas faire les pieds : jamais un sabot n’est rogné. Tous les deux ou trois jours, les animaux sont graissés au beurre de vache ou au beurre de cé.
Les médications en usage contre la constipation ou le manque d’appétit des chevaux sont de six espèces. Je les donne à titre de curiosité, leur efficacité n’étant pas absolument prouvée.
Pour le manque d’appétit, quand le cheval refuse le mil :
1o Poivre long avec la cosse, appelé en mandé kani[126] (environ 10 poignées).
Poivre renfermé dans une coque, appelé en mandé niamakou[127] (environ 30 noix), petit piment rouge appelé foronto ou mousso kani (2 poignées), sel, environ 600 à 800 grammes.
Le tout, pilé dans un mortier, est introduit dans le gosier du cheval, à l’aide d’une petite corne. L’animal est mis à la diète et ne reçoit à boire que six heures après.
2o Pilules de bouse de vache mélangée à de la cendre (environ 40 grammes).
3o 50 grammes d’un sel dont je rapporte un échantillon ; on le nomme baboé en mossi ; il provient du Bornou.
4o Pilules de farine de mil mélangée à environ 400 grammes de piment rouge et 500 grammes de sel.
On emploie contre la constipation :