[31]On apporte du Gantiédougou beaucoup de citrons à Tiong-i. Je les achetai toujours sur ce marché à raison de 1 caurie pièce, ce qui met le prix à 30 centimes le cent.
[32]Étant à Ouolosébougou, un brave Kouloubali de Nobougou (État de Ségou) vint près de ma case et offrit quelques cauries à un de mes hommes, lui demandant en échange de voir le toubab (Européen). Mon ânier lui dit que cela ne coûtait rien et qu’il allait lui faire voir le blanc tout de suite ; le Kouloubali demanda alors mon nom et on lui répondit, pour lui faire une farce : « C’est un Diara ».
J’avais entendu ce dialogue et je fis entrer cet homme ; il me salua par le mot Diara. Je me prêtai de bonne grâce à cette petite fumisterie et lui répondis par le mbati allongé de rigueur. Ce brave homme a dû répéter cela sur le marché, et ce diamou m’est resté ; beaucoup d’indigènes se figurent que c’est réellement mon nom.
Dans tout le Soudan, quand on connaît le diamou (nom de tribu) d’un individu, il suffit de le prononcer pour le saluer. Ainsi, un Sidibé rencontrant et voulant saluer un Konaté lui dira simplement : « Konaté », à quoi le Konaté répond : « Mbati, Sidibé ».
[33]C’est cet incident qui donna naissance au bruit de ma mort, qui fut colporté par les noirs avec un tel luxe de détails qu’il parvint à nos postes du Soudan français et en France, où cette fausse nouvelle plongea ma mère dans un cruel deuil de six mois.
[34]Depuis ma rentrée en France, j’ai eu l’occasion de revoir cette plante dans une exposition horticole. C’est le safran indien, le curcuma de la Martinique. L’orthographe indigène est سورن ; n’est il pas curieux qu’en écrivant safran سڢرن on y trouve les mêmes radicaux, avec cette différence que le point du fa a été omis et a ainsi donné naissance à un oua ?
On peut faire la même réflexion pour ڧڢ, café, et ڧو, caoua : là aussi il manque un simple point diacritique pour identifier les deux noms.
[35]Habituellement, avant de vendre de l’or, les marchands le font tremper pendant quelque temps dans la terre humide afin d’en augmenter le poids.
[36]Cette anomalie ne peut s’expliquer que par la configuration très boisée de la région traversée par le cours supérieur du Bagoé. Il roule ses eaux pendant 200 kilomètres au milieu d’une végétation des plus épaisses. Ces terrains boisés absorbent et retiennent facilement les eaux des pluies, qu’ils ne laissent échapper que d’une façon lente et continue. Le cours de la rivière est par suite régularisé, de sorte que son débit, tout en étant considérable pendant la saison pluvieuse, se maintient plus longtemps à un étiage élevé et ne diminue que lentement. Il en résulte que la branche orientale du Niger est moins considérable que le bras principal dans lequel elle se jette à Mopti.
[37]Dans les environs de Dôre, à l’époque du passage de Barth, 5000 cauries valaient 5 fr. 50.