[38]La guinée noire se vend ici (kémé dourou) 1 franc la coudée de 50 centimètres ; le calicot blanc (kémé ouoro) 1 fr. 20 la même coudée.

[39]Ces amulettes ont la vertu, disent les Siène-ré, de donner beaucoup d’enfants.

[40]Le Follona et non Foulouna, comme l’a écrit Barth, est un pays presque exclusivement peuplé de Siène-ré et de colonies dioula ; on n’y trouve pas de Foulbé, comme l’aurait pu faire supposer le mot Foulouna. Follona veut dire en siène-ré, chefs ici ou chefs dedans ; on l’appelle aussi Follokan et Folloklou (pays des chefs ou du chef).

[41]J’ignore si Fan est un nom propre ou si c’est seulement le titre par lequel on désignait le père de Tiéba. En tout cas, aujourd’hui encore le titre du souverain du Follona est fan follo.

[42]Les Tagoua font partie de la grande famille mandé et sont établis en grand nombre à Ngokho. Tatoués comme les Siène-ré, ils parlent soit le mandé, soit le siène-ré. Leurs noms de tribus sont Bamma, Traouré, Konné, Diarabasou ou Diarasouba ; il y en a qui sont musulmans, et d’autres fétichistes, ils ne diffèrent en rien des autres Mandé que je connais.

[43]De Léra, quand le chemin Sandergou est praticable, on met dix jours pour aller à Kong. Les principales étapes sont : Léra, Sandergou, Niandakhara, Dionkoso, campement sur la rive gauche du Comoë, Kapi, Lenguékoro, Kong.

[44]Cette nouvelle était fausse.

[45]La fonction de siratigui paraît être de création très ancienne et s’est maintenue dans cette partie des régions mandé jusqu’à nos jours. On avait donné comme étymologie que siratigui voulait dire « celui qui perçoit l’impôt » ; ici ce n’est pas absolument le cas. Dans cette région les siratigui sont sous les ordres des chefs qui commandent aux frontières ; ce sont eux qui ouvrent les communications avec les pays voisins et qui sont envoyés pour régler les questions de captifs évadés, etc. Par leurs relations avec les chefs des environs, ils sont connus et leurs hommes également. Accompagné par eux, les voyages sont plus faciles : leurs hommes sont de véritables sauf-conduits.

[46]La végétation est ici en avance de deux mois sur Niélé ; le néré, qui était seulement en fleur là-bas, est ici à maturité ; les cé sont déjà mûrs, tandis qu’à Bammako ils ne mûrissent qu’en juin et juillet.

[47]Quelques Sénégalais pensent que toubab vient du mot toubabé (l’homme qui porte un pantalon). Les Toucouleurs disent toubaco, de toubanké (également homme à pantalon). Mon avis est que ce mot n’est autre chose que l’altération du mot arabe thébib (médecin), car nous avons tous la réputation de professer la médecine, et il n’y a pas de jour où l’Européen qui voyage ne soit sollicité par le noir pour obtenir un remède quelconque.