Kona, sur la rive gauche du même cours d’eau, également dans le Baya, marché à kolas de la même importance que celui de Kangaré (tous les mardis).

Kéléya, composé de trois petits villages, population totale 600 habitants : il s’y tient un petit marché quotidien fréquenté seulement par les marchands résidant aux environs ; c’est un commerce tout à fait local et qui n’a aucune analogie avec ceux de Ténetou, Ouolosébougou, Kona et Kangaré.

Et enfin Ténetou, dont j’ai déjà parlé lors de notre passage.

Beaucoup d’autres villages avaient un petit marché ; la plupart d’entre eux ont aujourd’hui un chiffre d’habitants arrivant rarement à 100, et ne le dépassant jamais, de sorte qu’il ne se fait plus aucune transaction. La route la plus fréquentée est naturellement celle de Bamako, Ouolosébougou, Ténetou ; c’est par elle que vient tout le sel, et que les kolas sont dirigés sur le nord. En hivernage elle passe à Ourou et Bougoula ; en saison sèche on prend le chemin que j’ai suivi pour venir, c’est-à-dire par Tiérou et Bourgoula.

a. La route Ouolosébougou, Ségou, par Tamala, Bougoula, Dioumansonna.

b. La route Ouolosébougou, Tenguélé, Kangaré, Kona.

J’emploie le mot route, c’est chemin qu’il faudrait dire, car la plus grande largeur de ces voies de communication ne dépasse pas 1 mètre. Les autres chemins sont des sentiers peu ou point frayés du tout, dans lesquels on s’égare très facilement. Les cours d’eau sont, à de rares exceptions, pourvus de ponts. Je ne connais que ceux de Ouolosébougou et celui de Mono.

III. La région qui nous occupe comprend le Diouma, le Kourbaridougou et le Kouroulamini, qu’il ne faut pas confondre avec le Kouroulamini des environs de Ténetou. On a souvent une tendance à comprendre ces pays dans le Ouassoulou. Ces pays ont une histoire toute différente du Ouassoulou et ont eu leur sort bien plus souvent lié à celui des Mamby de Kangaba, de Niagassola et du Manding en général, qu’au Ouassoulou ; ils ont une histoire et une population à part.

Nous venons de voir que les populations situées au nord font partie du groupe bambara (famille mandé) ; ceux-ci au contraire font partie du groupe malinké de la même famille. Ils se rattachent aux populations mandé qui habitent plus au sud et n’ont rien de commun avec les Mandé métissés de Peul qui peuplent le Ouassoulou.

Leur histoire peut se résumer aux conquêtes de Kankan Mahmadou qui vivait dans la première moitié de ce siècle ; au delà, il ne faut pas chercher à savoir quelque chose.