Actuellement tous les chemins qui font communiquer le Ouassoulou avec la région Tengréla passent au nord du Papélé, du Yorobadougou et du Bodougou, où il n’existe plus que des ruines. Depuis que l’almamy a ravagé ce pays, personne ne le traverse plus : tous les habitants l’ont fui ou ont été vendus.

Il y a cinquante ans, quand Caillié a parcouru le sud de cette région, il n’a pas pris la route directe de Kankan à Tengréla. Ce n’était pas parce que la région était déserte, mais pour permettre à une partie de la caravane, en arrivant à Diécoura, de continuer vers l’est pour se rendre à un marché appelé Mouma.

Caillié et les Soninké avec lesquels il faisait route ont fait le grand crochet sud sur Timé, afin de passer à Maninian et Sambatiguila pour y acheter des kolas, — car déjà à cette époque ces villages faisaient activement le commerce de ce fruit.

Au nord de la région que j’ai traversée pour me rendre du Baoulé à Sikasso, il existe quelques chemins très fréquentés se rendant jadis dans le Ségou :

1o Celui qui part de la rive droite du Baoulé en face de Bougouni pour passer par Kotié, Tabakoroni, Bolé, Farako, le gué de Sentilonkané et Baroéli à Ségou-Sikoro ;

2o Le chemin qui, des ruines de Baffa, en passant par Kola, Mpiébougoula, Ouola, rejoint le chemin précédent à Bolé ;

3o Un chemin partant de Bénokhobougoula, traversant Kourousina, Tiékongoba, Kéniéréla et Ouola, où il se bifurque pour, d’une part, aller sur Ségou par les itinéraires précédents, d’autre part, passer à Tou, le Diomadougou, Kinian, le gué de Kouralé, Ouakoro et atteindre également Ségou-Sikoro.

Cette région est maintenant ruinée ; quelques villages favorisés seulement conservent encore un petit nombre d’habitants ; ce sont Ouola, Tou-Bolé, où il y a encore de petits marchés ; de ces localités partent des chemins se dirigeant vers l’est et le nord-est, ils ont pour objectif Bla (capitale du Bendougou) et surtout les grands villages du Mienka (Yankasou, Mpésoba, etc.).

Toute cette région située au nord du Ganadougou, après avoir vécu ces dernières années dans la plus profonde anarchie, paraît retrouver un semblant de calme.

Le Baninko et le Diédougou reconnaissent le protectorat du Ségou, le Bolé celui de Samory, et le Dolondougou celui de Tiéba.