Village pakhalla.


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Deux chemins mènent de Timikou à Kong. Celui du sud, qui passe à Binimona, est fréquenté par les marchands, de préférence à l’autre, parce que les villages se trouvent plus rapprochés, ce qui permet de faire de petites étapes. Les hommes de Kong, portant de très lourdes charges, redoutent les étapes qui dépassent 15 kilomètres (à vol d’oiseau).

Quoique très fatigué par la marche, je pris de préférence le chemin du nord, qui passe à Koniéné, afin de gagner deux étapes et de voir en passant les terrains aurifères que l’on m’avait signalés aux environs de Samata.

Comme le trajet de Timikou à Gaouy est trop fatigant pour être fait en une seule étape, je me décidai à partir le même jour et à aller coucher à Son ou Sou, petit village d’une dizaine de cases, où j’arrivai à huit heures du soir seulement.

Mon entrée tardive jeta un peu l’émoi dans cette petite population, qui actuellement ne se compose que de femmes. Mais, dès qu’on m’entendit parler le mandé, je fus reconnu pour le blanc de Kong et l’on procéda à mon installation. Le manque de maris dans ce village me valut la visite de trois jeunes femmes qui me demandèrent un gris-gris pour avoir des enfants.

Je n’eus pas de peine à leur expliquer qu’il fallait d’abord songer à trouver un mari, et les renvoyai à mes hommes pour plus amples informations !

Le lendemain de bonne heure, deux de ces jeunesses, auxquelles j’avais donné quelques perles, s’armèrent résolument d’un bâton de route, comme l’auraient fait leurs maris absents, et nous accompagnèrent jusqu’aux environs de Koulla.

Inutile de dire que l’accueil plus que bienveillant de ce village féminin fut le sujet de conversation de mes braves compagnons de route, qui ne regrettaient qu’une chose, c’est de ne pas trouver souvent de villages semblables sur leur chemin.