Les routes de pénétration s’imposent donc ; il faut que des voies sûres permettent aux noirs de l’intérieur d’arriver à nos comptoirs et d’échanger leurs produits contre nos marchandises manufacturées.

A quoi servirait-il aux noirs de cultiver le tabac, les textiles, le coton, l’indigo, etc., d’exploiter les arbres à graisses végétales, de faire des plantations d’arbres, puisqu’ils ne peuvent en écouler les produits ?

Ouvrons-leur donc des débouchés, et nous verrons immédiatement leur état social s’en ressentir ; les chefs se feront payer des impôts en nature, puisque, par l’ouverture de voies de communication, ils acquerront une valeur ; ils auront ainsi un budget et ils renonceront à la guerre.

La pénétration aura forcément pour effet :

1o De restreindre les guerres et d’arrêter le dépeuplement économique ;

2o De nous créer des relations économiques avec les indigènes ;

3o D’introduire notre civilisation ;

4o D’éteindre progressivement l’esclavage.

Chaque voie de communication terrestre ou fluviale, chaque tronçon de chemin de fer, chaque vapeur, chaque établissement commercial aura pour conséquence naturelle le développement du commerce.

Les relations commerciales entraînent, avec l’échange des produits, l’échange des idées, des institutions et des progrès de notre vie sociale, car, une fois sur le terrain des intérêts communs, on arrive promptement à une conciliation et à une identité de vues.