Les itinéraires de Caillié ne m’ont pas été d’un grand secours : la plupart des noms de villages sont tronqués et mal orthographiés, et comme noms de contrées il n’en a pas rapporté. Quant aux peuples qu’il a traversés, il les a réduits à trois : les Mandé, les Bambara et les Dioula, et il n’a parlé ni des Siène-ré, ni des Bobo, quoiqu’il en entretienne le lecteur sous le nom de Bambara.
Au sud et en partant de la mer, j’ai utilisé l’itinéraire de Pullen sur le Tanoé, de Nougoua à Enchy (60 kilomètres), et j’ai tiré parti des itinéraires de Treich-Laplène de Bettié à Zaranou par Annibilécrou en les reconstruisant et en les faisant coïncider avec mes travaux et ceux de Lonsdale.
Lonsdale a rapporté une carte qui comprend Cape Coast, Koumassi, Salaga, Yendi et son itinéraire dans le Sahué et le Gaman.
Ce travail est à l’échelle de 1 inch pour 15 milles, ce qui fait au 1867500. En vérifiant la distance Koumassi-Cape Coast, j’ai trouvé qu’on avait employé l’échelle du 1875000, tandis que, pour la distance Yendi-Salaga, dont j’ai fait et vérifié une partie du trajet, je trouve que l’auteur de la carte a employé l’échelle du 1625000. Dans ces conditions il ne m’a été possible que d’accorder une confiance limitée au document précité.
Le peu d’exactitude de l’hydrographie de cette même région ne m’a également pas permis de m’en servir avec tout le respect qu’un explorateur consciencieux doit avoir pour tous les documents de ses devanciers.
J’ai du reste relevé de grandes inexactitudes dans l’itinéraire de Salaga à Krakye par Badjamsu ; de Salaga à Kintampo, les renseignements des indigènes sont absolument contradictoires avec la carte.
La carte de la Côte de l’Or du docteur Mähly (1884), quoique ayant toutes les apparences d’un travail consciencieux, offre également entre Krakye et Salaga de grandes lacunes ; beaucoup de noms de villages sont omis, et il n’y a que les cours d’eau importants qui figurent sur ce document.
En somme, je n’ai pu m’appuyer sérieusement que sur les travaux de nos officiers de marine et des explorateurs français.
Les peuples et les pays de la boucle du Niger n’étaient révélés à l’Europe civilisée que par les itinéraires de Barth, établis sûrement avec beaucoup de conscience, mais offrant des lacunes bien compréhensibles. La base d’opérations de Barth était beaucoup trop éloignée pour que ce voyageur pût rapporter sur les régions qui nous occupent des itinéraires par renseignements d’une grande exactitude. Il a également confondu quelques noms de pays avec des noms de villes, et inversement, de sorte que le tout, au lieu de bien renseigner, ne fait que jeter une perturbation dans l’esprit du voyageur.
Les seuls qui auraient pu m’édifier sur la géographie de la boucle du Niger sont Duncan, Buonfanti et Krausse.