La baisse se continue progressivement jusqu’en décembre.

Quant au régime des pluies du bassin du Comoë, il est tout différent de celui de la Volta et du Niger.

L’hivernage commence deux mois avant la saison des pluies des bassins précités. Les pluies commencent en mars à la côte, puis elles remontent lentement vers l’intérieur.

En mars j’ai constaté dix pluies ; en avril elles sont déjà plus fréquentes, ce qui fait qu’entre le 5e et le 7e parallèle on peut considérer les mois de juillet et d’août comme les mois d’hivernage de la région.

A ce propos, il serait très curieux de tracer sur une carte les courants qui amènent les pluies dans tout le Soudan occidental ; les tracés ainsi obtenus donneraient, à coup sûr, une idée d’ensemble qui ne manquerait pas de jeter un jour plus complet sur les courants atmosphériques et la marche des tornades. On ne serait certes pas en mesure d’en déduire des données absolument mathématiques, le relief du sol et les cours d’eau jouant un grand rôle dans cette question, mais on obtiendrait des données qui, à l’aide d’observations ultérieures plus précises, deviendraient intéressantes à consulter.

J’ai adopté pour la division de l’année six saisons au lieu de quatre, c’est la même classification dont se servent les indigènes. Je suis arrivé à l’employer parce qu’elle me permettait de préciser, à défaut de noms de mois qui manquent chez certains peuples, l’époque de mon passage dans telle ou telle région.

Du reste cette classification en six saisons comporte des températures bien différentes, qui méritent d’être examinées chacune isolément ; c’est ce que nous allons faire :

Saison des fortes chaleurs. — Elle correspond aux mois d’avril et de mai. Les températures sont très élevées : de neuf heures à trois heures de l’après-midi, il y a généralement 40 à 42 degrés Réaumur à l’ombre et à l’air libre. Au soleil la chaleur est très intense ; il est extrêmement pénible de voyager pour l’Européen, et même pour les animaux porteurs, qui cherchent à s’arrêter chaque fois qu’ils rencontrent de l’ombre.

Avec un thermomètre il n’est pas possible de se rendre exactement compte de la chaleur que l’on supporte. Elle doit atteindre 60 degrés dans les lieux où la chaleur zénithale se cumule avec la réverbération du sol dépourvu d’herbes et quelquefois de la réverbération de murs d’enceinte de maisons ou même de parois verticales des grès de certains soulèvements.

Le soir les parois des habitations en pierres et en terre sont très surchauffées ; on est tenu de coucher dehors et de ne rentrer que dans la nuit, après que les murs sont refroidis.