Il y a une différence considérable dans l’état de santé des hommes qui vont dans ces régions dans un but déterminé, pour y faire du commerce ou se livrer à des études intellectuelles, et un malheureux troupier qui y vient sans objectif. De quoi peut-il s’occuper, à part les heures d’exercice, de service ? L’oisiveté dans laquelle vit le soldat engendre chez lui la mélancolie ou le prédispose à noyer son chagrin dans des libations funestes à la santé. C’est pourquoi il ne faut voir de statistique vraie que dans celles qui comprennent des sujets occupés par un travail quelconque qui chasse l’ennui.

Nous avons toujours constaté qu’au Sénégal et dans nos postes du Soudan français, les officiers les mieux portants sont ceux qui s’occupent le plus, en usant modérement de la chasse, du cheval, et se livrent à un travail intellectuel quelconque, de façon à trouver à employer leur temps. On peut très bien se conserver une bonne santé, à part quelques malaises passagers qui n’ont aucune gravité.

Pendant le cours de mon exploration j’ai été deux fois très gravement malade, mais comment en serait-il autrement ?

Mon voyage s’est effectué dans des conditions excessivement pénibles : on ne reste pas impunément deux ans sans vin ni pain, ni rien de ce que nous mangeons en France.

Il faut aussi traverser des marais et des rivières à la nage, on est exposé à toutes les intempéries sans pouvoir changer de linge. J’aurais fait mon voyage dans de semblables conditions en France, j’aurais certes eu autant de jours de malaise et de maladie.

Mais quand on a une installation confortable, on peut très bien conserver une bonne santé.

« Un excellent moral et la volonté de vivre sont les meilleurs facteurs pour se bien porter. »


APPENDICE IV

Flore et faune.