Il est impossible de donner des renseignements utiles sur la flore et la faune d’un pays sans tomber dans une fastidieuse énumération des divers produits. — Il faut cependant dire ce que l’on a vu, et il est indispensable de signaler les ressources qu’offre l’immense pays que j’ai visité.

En céréales nous avons observé :

Deux variétés de mil hâtif dit souna (Penicillaria spicata), ou mil chandelle.

Deux variétés de mil tardif dit sanio.

Quinze variétés de sorgho, qui peuvent se répartir au point de vue botanique en deux espèces, le Sorghum vulgare et le Sorghum saccharatum. Ces variétés remarquées ne sont peut-être qu’une seule forme infiniment variée par la culture et la sélection depuis les temps les plus reculés.

Six variétés de maïs.

Le maïs a été certainement importé d’Égypte. Dans presque tous les dialectes, langues et idiomes du Soudan occidental, cette graminée porte un nom rappelant la Mecque ou l’Égypte.

Exemple : Kaba (pierre sainte de Médine), Maka, maka nion (mil de la Mecque), daou n’Massara (mil d’Égypte), etc.

Sa culture doit être récente au Soudan et date peut-être seulement d’un siècle. Ce qui est notoire, c’est qu’à la fin du XVIe siècle on ne signalait pas le maïs en Égypte, et que Forskal, à la fin du XVIIIe siècle, mentionnait le maïs comme encore peu cultivé en Égypte, où il n’avait pas reçu un nom distinct des sorghos. De Candolle a prouvé que le maïs est originaire du Nouveau Monde. Nous pensons donc que pour le Soudan central il a dû venir par l’Égypte, apporté par les pèlerins revenant de la Mecque, et aussi par la côte occidentale d’Afrique, apporté par les négriers et les commerçants européens.

Quatre variétés de riz. Strabon, qui avait vu l’Égypte comme la Syrie, ne dit pas que le riz fût cultivé de son temps en Égypte, mais il ajoute que les Garamantes le cultivaient.