Il existe encore au Soudan une autre graminée dont le nom scientifique est Panicum filiforme (Paspalum ægyptiacum). En mandé on la nomme fini ou fonio. C’est une graminée plus petite que le plantain. La tige qui porte l’épi est très fine et a une légère odeur de foin. Elle est employée et préparée d’une façon différente des mils et des sorghos. Afin d’enlever la pulpe du grain, on le fait griller, puis le grain est vanné ; il est ensuite cuit à l’étouffée. C’est une excellente semoule.
Nous en connaissons trois variétés, qui ne diffèrent entre elles que par la grosseur de la graine et leur teinte plus ou moins foncée.
L’arachide ou pistache de terre est représentée par trois variétés.
Sloane, dans Jamaïca, page 184 (cf. de Candolle, Organes des plantes utiles), dit que les négriers chargeaient leurs vaisseaux d’arachides pour nourrir les esclaves pendant la traversée, ce qui indique une culture alors très répandue en Afrique. D’autre part, des graines d’arachide ont été trouvées dans les tombeaux péruviens d’Aucon, d’après Rochebrune, ce qui fait présumer quelque ancienneté d’existence en Amérique. De Candolle n’est pas éloigné de croire à un transport du Brésil en Guinée par les premiers négriers, et c’est aussi notre avis. Nulle part dans nos voyages nous n’avons trouvé l’arachide à l’état spontané. Au Brésil on en compte une dizaine de variétés, et au Soudan nous n’en avons observé que trois : arachides de Casamance, du Cayor, et rouge.
Nous avons aussi trouvé six variétés de haricots arachides, c’est-à-dire de haricots qui croissent de la même façon que l’arachide. C’est le voandzou de Madagascar (le nom latin est Voandzeia subterranea). Il est très estimé dans le Gourounsi ; on le cultive aussi au Congo.
Les haricots sont représentés par une dizaine de variétés ; ils sont constitués par une série de plantes très différentes des nôtres (doliques, cajans, etc.). C’est une réelle ressource pour l’Européen. On les mange secs et verts ; les indigènes utilisent aussi les feuilles pour les sauces de to.
L’oignon n’est représenté que par deux variétés, qui semblent dégénérées.
L’igname est représentée par une douzaine de variétés. Elle croît également à l’état spontané. Je l’ai trouvée fréquemment et dans des lieux où le doute sur la spontanéité n’est pas permis.
Une variété de cresson pousse à l’état spontané sur les berges de certaines rivières et principalement sur les bords du Sénégal (à la Laoussa entre autres).
Le pourpier pousse partout à l’état spontané.