Nous avons dit plus haut qu’une partie considérable des Soso, au lieu de remonter au nord, en suivant le cours du Niger, avait dû rester dans les environs du Sankaran. Cette fraction importante, devenue musulmane, s’est peu à peu portée vers l’ouest ; nous avons pour nous guider des traces manifestes laissées par elle dans le Solimanah, le Kimba, le Tamisso, le Tambourka et le Benna. On peut observer sa marche lente, mais victorieuse, refoulant devant elle les tribus fétichistes des Timéné, des Landouman, des Nalou, des Baga, des Boulam, etc., auxquelles nous n’hésitons pas à assigner une origine commune. C’est-à-dire que nous pensons qu’elles ne sont pas autre chose que des tribus détachées de la grande famille mandé.
L’époque et les causes de leurs migrations remontent assez haut dans le passé pour que la filiation semble se perdre dans cette obscurité du temps, mais les caractères linguistiques nous aident singulièrement à rétablir la chaîne interrompue.
Vers la fin du XVIe siècle, les Soso eurent des luttes terribles à soutenir contre les peuples que nous venons d’énumérer ; le souvenir en est encore conservé par leurs griots. Enfin, ils luttèrent également contre les Foulbé du Fouta-Djallo, et leur soumission (?) ne date que du siècle dernier.
FAMILLE MANDÉ-MALI
L’histoire des Mandé-Mali-nké est l’histoire générale des peuples de même origine qui ont concouru à la formation du puissant empire de Mali.
Par son nombre, cette fraction semble pourtant avoir occupé une situation prépondérante dans l’empire de Mali, auquel elle a donné son nom.
Au moment de la désagrégation du royaume de Mali sous le règne du roi sonr’ay Askia Mohammed (commencement du XVIe siècle) nous avons vu plus haut que le Mali se divisa en cinq groupements ou gouvernements autonomes.
Les Mali-nké, dispersés un peu partout dans les pays tributaires du Mali, durent probablement chercher à se concentrer et se retirèrent vers les pays où habitaient les gens de la même fraction qu’eux, c’est-à-dire vers le Haut-Niger et les pays qui constituent actuellement les provinces méridionales des États de Samory.
Seules quelques fractions de Malin-ké étaient encore fixées le long du Niger, vers Ségou, et occupaient les rives du Bakhoy et le Fouladougou.
Elles prirent même part à la lutte mémorable entre Ngolo et Sagoné, lutte qui mit le Soudan occidental à feu et à sang pendant plusieurs années vers le milieu du XVIIIe siècle.