Plus tard, vers la fin du XVIIIe siècle, Mansong, roi des Bammana du Ségou, vint attaquer sans succès Bangassi, leur citadelle du Fouladougou, puis ni l’histoire ni la tradition ne nous transmettent plus de faits saillants jusque vers la première moitié du XIXe siècle, époque des luttes de Kankan Mahmady avec les Siène-ré du Tengréla et le Ouassoulou (voir le chapitre [ États de Samory]).
FAMILLE MANDÉ-DIOULA
Nous avons vu comme l’avènement de la dynastie des Sonni sur le trône sonr’ay-mandé a donné naissance à la famille dioula en 1350.
Cette fraction ne paraît pas avoir été bien nombreuse à l’origine, disent les Dioula eux-mêmes ; ils ne comptaient que cinq familles : les Da’ou, les Kérou, les Barou, les Touré[86] et les Ouattara.
La tradition conservée par les gens de Kong dit que les Dioula voulaient bien faire partie des gens de Mansa Sliman, mais dans leur adhésion il y avait une clause par laquelle ils n’abandonnaient pas leurs droits au commandement. C’est probablement pour cette raison que nous les voyons, sous le règne de ce sultan, gouverner plusieurs provinces.
Ahmed Baba mentionne dans la presqu’île un des gouverneurs sous le nom de Ouattara Koy ; deux dans le Bendougou sous les noms de Touré Koy, Da’ou Koy ; et enfin un autre sur la rive nord du Niger sous le nom de Barou Koy. Un Kérou Koy est mentionné également par l’historien arabe ; mais comme l’orthographe du nom laisse à désirer et que sa lecture n’est pas absolument sûre, nous n’avons cru devoir le citer que pour ordre.
A ces familles se sont jointes, au moment de la scission avec les Sonni-nké, diverses autres familles :
Une deuxième famille ouattara, les Sakhanokho, les Sissé, les Kamata, les Kamakhaté, les Timité, les Daniokho.
Les deux familles ouattara et Sakhanokho se disent apparentées aux Diawara ; elles ont le même tenné que les Diawara Sagoné : la tête de chèvre.
Les Dioula sont à classer parmi les premiers peuples mandé qui ont adhéré à l’islamisme. Habitant les environs de Djenné, région qu’on pourrait appeler le berceau de la civilisation musulmane du Soudan, les Dioula se sont adonnés principalement au commerce ; ils s’érigèrent peu à peu en ligue commerciale, fondèrent de nombreuses colonies et acceptèrent dans leur sein d’autres Mandé comme adhérents.