On trouve parmi eux des Diara, des Kouroubari, des Sakho, des Bamba, des Diabakhaté, des Traouré.
A l’époque de la désagrégation du Mali, vers 1500, à la suite des victoires de Mohammed Askia, et plus tard vers la fin du XVIe siècle au moment de la conquête marocaine, de nombreuses fractions de Mandé-Dioula quittèrent le Bendougou, le Mianka et le Kénédougou et vinrent se fixer dans le Follona, le Kouroudougou, le Tagouano et surtout le Ouorodougou.
La plupart des Dioula prirent parti pour Sagoné dans la lutte contre Dabo ou Ngolo, de 1748 à 1754. Mais, à la mort de Sagoné, craignant les représailles du parti vainqueur, les colonies qui occupaient le Ségou avec une partie des Dioula du Bendougou émigrèrent à travers le Dafina et se fixèrent dans le Mossi.
Ngolo, n’ayant pas réussi à entraver le mouvement d’émigration et voyant échouer tous ses moyens de conciliation, se décida à aller leur faire la guerre pour tâcher d’obtenir des Dioula leur retour sur le Niger.
La première expédition fut impuissante et nous savons que Ngolo tomba malade et mourut pendant la seconde, en 1787.
Quand Mansong succéda à son père Ngolo, les premières années de son règne furent occupées à se disputer le pouvoir avec son frère Niancoro, puis à expéditionner contre Daisé Kouroubari et les Mali-nké du Fouladougou. Ces circonstances ayant porté, pendant près de quinze ans de règne, le théâtre des opérations de guerre vers l’ouest, il est tout naturel de voir Ahmadou Amat Labbo fonder le Macina et Sékou Ouattara créer un empire dioula à Kong ; 1790 est en effet la date de la prise de Kong par Sékou Ouattara.
Aujourd’hui les Dioula ou Dioura constituent en quelque sorte un peuple. Tous les Mandé qui ne sont pas musulmans sont pour eux des Bambara, ce qui équivaut à infidèle, mais il ne faudrait pas croire que s’il s’agissait de s’emparer du pouvoir, ils renieraient leurs compatriotes mandé et qu’ils ne seconderaient pas les Bammana ou les Mali-nké.
A part l’État mandé-dioula de Kong, il existe des régions entières peuplées de Dioula et de nombreuses colonies disséminées un peu partout. Le Djennéri, le Macina, le Mossi, le Mianka[87], le Bendougou, le Kénédougou, le Follona, le Diammara, le Tagouano, le Kouroudougou et le Ouorodougou renferment des colonies dioula très puissantes. Dans toutes les autres régions et surtout dans les centres commerciaux on trouve toujours des familles de Dioula : il y en a qui se sont infiltrées jusque vers le golfe de Guinée. On en rencontre quelques-unes à Krinjabo, et j’en ai vu une à Yacassé sur le Comoë et une autre à Mouosou (Grand-Bassam).
Quand on sait parler le mandé il est rare de ne pas trouver de gens pouvant vous servir d’interprète, surtout dans les pays où il existe un mouvement d’affaires. Le voyageur qui avec le mandé saurait parler le haoussa et l’arabe serait à même d’aller sans interprète du cap Vert en Égypte.
Le Dioula est en général musulman ; il ne s’occupe que de commerce, d’industrie et de culture. En principe, il ne fait la guerre que pour défendre l’intégrité de son territoire ou pour se venger de rapines, d’exactions ; rarement la guerre a pour but la chasse à l’esclave.