Ce sont de très fortes journées de marche, comme celles que font les Mossi seulement et qui correspondent au trajet d’hommes peu ou point chargés. Avec des porteurs ou des animaux de bât, il faut compter le tiers en plus, c’est-à-dire environ trente jours.

Les Mossi nomment aussi Gambakha : Gambakha Natenga, « capitale du Gambakha », quoique ce village ne soit plus depuis longtemps la résidence de Mampourga Naba.

Gambakha n’a pas de relations avec les Bimba (Gourma) et fort peu avec les Boussanga. Ces deux peuples ont une aussi mauvaise réputation que les Gourounga. Les Boussanga viennent cependant de temps à autre vendre quelques chevaux aux Mampourga. Ces animaux sont réputés très vigoureux et d’une taille élevée. Je n’ai pas eu l’occasion d’en voir ; à Oual-Oualé et aux environs, il y a bien quelques chevaux, mais ils sont tous en mauvais état et d’une race dégénérée.

Les Foulbé du Boussangsi viennent également à Gambakha vendre du beurre et quelquefois du bétail.

Comme l’étymologie de son nom l’indique, Gambakha ou Gambaga semble avoir été fondé ou au moins longtemps habité par des étrangers. Gamba ou Diamba signifie, dans beaucoup de langues ou dialectes de cette partie du Soudan, « étranger » ; ga n’est qu’un suffixe qui veut dire « gens de, peuple, nation et même pays ». En mandé, en mor’, en dagomsa et même en wolof, quantité de noms de peuples ont cette terminaison. Point n’est besoin d’imaginer toute une histoire et un dialogue pour prouver l’étymologie de Galam et de Ganar (voir Bulletin de la Société de Géographie de 1886).

Galam signifie « gens, pays, peuple du Lam » (souverain du Fouta-Toro), et Ganar « peuple ou pays des Nar » (nar signifie « Arabe » en wolof). Cette terminaison ga se change en haoussa en ba. Exemple : Dagomba, Yarrouba, Barba, Bimba, etc.

Retraite aux flambeaux.

A la fin du siècle dernier il y avait même des Maures établis à Gambakha. Bowdich (1817) cite ce village comme lieu de naissance de Bimba, chef des Maures de Koumassi.

La présence de Foulbé non musulmans, assez nombreux dans le Boussangsi et les régions avoisinantes, semble confirmer le dire de Duncan qui signale un peuple ayant le caractère du Peul et buvant du dolo. Barth a peut-être porté un jugement un peu sévère sur ce voyageur. — Que dans son itinéraire les distances franchies soient excessives et le chiffre de la population des villages exagéré, je l’admets ; mais l’emplacement d’Assafouda, de Babakanda, etc., ne doit pas être loin de celui qui leur est assigné sur la carte du Dépôt de la Guerre, puisqu’on m’a signalé une région montagneuse à l’est de Kotokolé. Barth dit qu’il n’a pu se faire citer un seul nom de l’itinéraire de Duncan : cela n’a rien qui doive surprendre, moi non plus, et pourtant je suis relativement à côté de ces régions, en comparaison de l’éloignement de Barth. Ceci tient à ce que Oual-Oualé n’a pas de relations avec cette région, qui est plutôt en communication avec le Yorouba, peut-être aussi ces villages sont-ils actuellement détruits ou sans importance ou voir même mal orthographiés ; ce qu’il y a de sûr, c’est que par ici il n’existe aucun centre ayant 10000 ou 12000 habitants.