Types de Ton avec leur ombrelle.
Cette coutume des sacrifices semble avoir été instituée pour préserver les chefs et personnages influents des morts violentes, le poison jouant dans ce pays un rôle considérable.
A l’avènement d’un roi, on rassemble sa maison civile et militaire et toutes les personnes qui, de près ou de loin, approchent le souverain, et on leur tient le langage suivant : « Vous avez tout intérêt à prolonger la vie de votre maître ou souverain, de veiller à son entière sécurité et d’empêcher qu’il ne soit empoisonné ou tombe dans une embûche quelconque. Votre vie est entièrement liée à la sienne : le jour où il mourra, vous serez tous décapités. »
C’est en effet ce qui a lieu : une partie des esclaves sont exécutés. Ces sacrifices humains, sans atteindre les chiffres fantastiques dont parlent souvent les publications, s’élèvent cependant encore à un nombre de victimes qui varie de 8 à 20. Ce nombre s’accroîtrait certainement si l’esclave n’avait pas, dans cette région déjà, une valeur assez forte pour qu’il n’existe pas en grande quantité comme dans le Mossi et les pays limitrophes.
Treich m’a dit avoir assisté, lors de son passage, à un massacre de ce genre, à l’occasion de la mort d’un personnage influent de Bondoukou. Les Mandé m’en ont aussi souvent parlé, mais moi-même je n’ai jamais eu l’occasion d’assister ni de près ni de loin à une semblable scène de sauvagerie.
Si nous nous reportons de dix-huit siècles en arrière, nous trouvons que nos ancêtres les Gaulois avaient des coutumes à peu près aussi barbares ; aujourd’hui nous semblons l’avoir complètement oublié. Pourtant nous lisons dans notre histoire :
« Tout ce que le défunt a chéri pendant sa vie, on le brûle après sa mort, même les animaux. Il y a peu de temps encore, pour lui rendre les honneurs complets, on brûlait ensemble les esclaves et les clients qu’il avait aimés », etc.
Dimanche 23 décembre. — Dans l’après-midi, je me disposais à aller voir Ardjoumani pour lui demander de me faire partir le lendemain afin de rallier Kong. A la même heure me parvint un courrier de M. Treich-Laplène daté du 15 décembre. Il m’informait que, depuis quelques jours, arrêté à Nabaé, sur les bords de la rivière Comoë, pour attendre la réponse du chef de Kong, il venait d’apprendre par un marchand mon arrivée à Bondoukou.
C’était afin de s’assurer de la vérité de la nouvelle qu’il me dépêchait un courrier ; il m’informait également que, s’il recevait l’autorisation de se rendre à Kong, il pousserait jusque-là en attendant qu’il pût se mettre à ma disposition.