A 7 kilomètres au nord de Donfaé, à quelques centaines de mètres d’un petit village nommé Panamvi en ton et en pakhalla, et Birindara[43] en mandé, on atteint la route de Bondoukou à Kong.

Le jour même de mon arrivée à Panamvi, je préparai une lettre destinée à M. Treich-Laplène dans laquelle je l’informais de ma prochaine arrivée et lui donnais quelques conseils sur la façon dont il fallait agir avec la population de Kong. Je confiai ce pli à Diawé[44], mon premier domestique, pensant que sa présence à Kong pourrait être utile à mon compatriote.

Mercredi 26 décembre. — De Panamvi à Nasian il y a 30 kilomètres à vol d’oiseau, mais avec les nombreux circuits que fait le sentier il faut compter 38 à 40 kilomètres. Les marchands chargés sont obligés de camper à mi-distance, sur les bords d’un des nombreux ruisseaux qui sillonnent cette vaste plaine, et dont quelques-uns ont encore, à cette époque, conservé quelques flaques d’eau.

En quittant Amenvi, j’ai laissé un de mes chevaux mourant à Ardjoumani ; je comptais fermement pouvoir, avec l’autre, gagner Kong ou au moins le Comoë, mais en arrivant ici il était dans un tel état que je dus renoncer à m’en servir.

Il me fallut donc faire l’étape à pied. Affaibli par un violent accès bilieux qui m’avait pris à Bondoukou, je ne me sentais pas trop vaillant ; cependant je franchis à peu près sans trop de fatigue la moitié du chemin. Vers midi nous prîmes un peu de repos, et comme à deux heures je me sentais dispos, je proposai à mes hommes de nous mettre en route pour Nasian : en marchant bien, nous arriverions avant la nuit.

Arrivés à une dizaine de kilomètres de Nasian, il me fut impossible de pousser plus loin. Cette marche au soleil m’avait considérablement affaibli, j’avais la bouche sèche et je ne pouvais plus plier mes pauvres jambes, et pourtant, comme Européen et comme chef d’expédition, je ne pouvais me laisser aller à un acte de faiblesse et tomber sur le bord de la route. Heureusement qu’un violent incendie de la brousse nous enveloppa à hauteur des ruines de Boropoé ; il fallut s’arrêter, l’éteindre et camper.

J’étais sauvé, mes noirs ne m’avaient pas vu faiblir à la marche.

Jeudi 27 décembre. — Arrivé de bonne heure à Nasian, je comptais pouvoir gagner le même jour Deknion, mais l’homme laissé en arrière avec mon cheval n’est arrivé que dans l’après-midi : je dois donc remettre mon départ à demain.

Mon pauvre cheval était mort un peu plus qu’à mi-chemin. Son palefrenier me rapporta la selle.

Nasian est un très vieux village, qui jadis devait être beaucoup plus grand qu’il n’est actuellement. Son chef jouissait de quelque influence avant l’avènement d’Ardjoumani : il s’est retiré dans l’ouest, vers la rivière Comoë ; il habite un village à côté du Barabo, nommé : Nasian-Massadougou. Nasian est le même village que Bowdich mentionne sous le nom de Naséa.