POUTRÉ—Tu es bien curieux. J'ai bien le droit, je suppose, de me coucher quand bon me semble.

CAMEL—Allons donc, ne vous fâchez pas, père Poutré. Avez-vous entendu parler des événements? On dit qu'il y a eu bien des malheurs . . . bien des prisonniers faits surtout?

POUTRÉ—Tant pis!

CAMEL—Pourquoi donc tant pis? Est-ce que ces vauriens-là ne méritent pas d'être punis pour leur conduite?

POUTRÉ—Si l'on punissait les vrais coupables, ce ne serait peut-être pas ceux-là qui en souffriraient.

CAMEL—Et qui sont-ils les vrais coupables?

POUTRÉ—Les vrais coupables, écoute, Camel, ce sont ceux qui vendent et livrent leurs compatriotes pour de l'argent, des honneurs ou des titres.

CAMEL—Allons, allons, père Poutré, vous vous fâchez toujours. Je n'ai certes pas l'intention de rien dire contre un homme comme vous; mais quand il s'agit de la canaille qui est allée se battre à Odeltown, il me semble qu'on peut bien lui dire son fait.

POUTRÉ—Est-il juste de traiter de canaille de braves gens qui n'ont été que trompés? Je trouve cent fois plus méprisables . . .

CAMEL—Ceux qui les punissent?