CAMEL—Voilà qui est convenu. A minuit.

POLICEMAN—A minuit! (Il sort.)

SCÈNE II

CAMEL seul

CAMEL—Ah! Ah! Ah! . . . Je les tiens . . . Ils n'échapperont pas cette fois . . . Presque tous pris dans un seul coup de filet . . . Comme le gouvernement va m'avoir de l'obligation! Comme la récompense sera belle . . . Aussi, comme il m'a fallu de la patience, de la diplomatie et de l'audace pour en arriver là. Me faire passer pour un patriote, me faire admettre au nombre des conjurés, les tromper tous par mes protestations de dévouement à leur cause . . . J'ai tout fait, avec habileté, avec talent, avec génie! . . . Camel, Camel, tu es un grand homme! Tu es destiné à devenir un premier ministre pour le moins! . . . Il est bien dix heures maintenant, ils doivent être déjà assemblés. Entrons! (Il frappe trois coups espacés à une porte au fond.)

UNE VOIX, en dehors—Qui va là?

CAMEL—Brutus!

UNE VOIX, en dehors—Le mot d'ordre?

CAMEL—Vengeance et liberté. (La porte s'ouvre et Camel entre.)

Le décor change et représente une salle souterraine. Plusieurs conjurés sont autour d'une table. L'un d'eux est près de la porte d'entrée. Des armes de toute espèce sont suspendues aux murs.