SCÈNE III
CARDINAL, CAMEL, CONJURÉS
CARDINAL—Avons-nous des nouvelles des États-Unis?
1er CONJURÉ—Oui, deux des nôtres sont à New York, organisant des comités de secours. Le No. 36 est parti pour Washington pour s'aboucher avec les autorités. Le No. 17 m'écrit de Burlington qu'une grande quantité d'armes doit lui être envoyée d'Albany, et qu'il se prépare à nous les faire tenir au premier signal d'insurrection. Enfin toutes les sympathies du peuple américain sont pour nous, et nul doute qu'on nous fournira autant d'armes et de munitions que nous en aurons besoin.
LES CONJURÉS—Bravo!
CARDINAL, consultant ses notes—Le No. 20 est-il revenu de Québec?
2ème CONJURÉ—Me voici. J'ai assisté à l'assemblée des Frères samedi. Je suis d'opinion que nous ne pouvons rien tenter à Québec pour le moment. À part quelques jeunes gens enthousiastes et dévoués, la population toute entière croupit dans une apathie déplorable. L'avis général est qu'à moins d'un mouvement sérieux dans tous les pays, il ne faut pas compter sur Québec.
CARDINAL—C'est à peu près ce qu'on m'a déjà rapporté. Et
Trois-Rivières?
2ème CONJURÉ—J'y suis arrêté. La population est encore plus nulle qu'à Québec. Impossible de la remuer. Il existe cependant une organisation assez active chez un petit nombre de patriotes zélés qui s'entendent avec les Fidèles de Nicolet. Ils ont appris par leurs affiliés de Québec que le gouvernement devait faire transporter à Montréal une quantité considérable d'armes et de munitions, et ils ont conçu le dessein de s'en emparer par un coup de main hardi. Mais comme ils ne veulent pas agir inconsidérément et surtout prématurément, ils attendent nos instructions.
1er CONJURÉ—C'est une idée superbe, il nous faut ces armes à tout prix!