LES PRISONNIERS—Qu'est-ce que c'est? Qu'est-ce que c'est? Qu'y a-t-il?

SHÉRIF—Une attaque d'apoplexie? . . .

(On pose Félix sur un siège; il est en proie à de violentes convulsions.)

GEÔLIER—Il est tombé de tout son long en poussant des cris effrayants. Je n'ai jamais tant eu peur de ma vie. Avez-vous entendu le bruit?

BÉCHARD—Le pauvre garçon! je ne savais pas qu'il tombât du haut mal. C'est dommage, car ce n'est pas un homme ordinaire.

TOINON—Non, pour le sûr, c'est un homme qu'a d'la tête, gros! quoiqu'y soit un peu facile à offusquer . . .

SHÉRIF—Mais il faut pourtant lui donner des secours. . . . Qu'on fasse venir immédiatement le médecin de la prison. Geôlier, allez chercher le docteur Arnoldi. (Le geôlier sort.)

TOINON—Pourquoi faire le docteur? puisqu'on va tous être pendus.

BÉCHARD—Allons au plus pressé . . . de l'eau! (Il lui jette de l'eau sur la figure.) Éloignez-vous, vous autres; donnez-lui de l'air. (Il lui arrose la figure et Félix revient à lui par degrés. Tout à coup il se lève et se promène majestueusement.)

FÉLIX, d'une voix terrible—Mettez-vous à genoux, voilà le gouverneur! (Personne ne bouge.)