FÉLIX—Allons, allons, c'est assez de bavardage comme ça. Soldats, vous allez prendre cet homme-là (montrant Camel) et vous allez aller le pendre haut et court à la grande vergue de nia frégate qui est dans le port; sinon vous serez fusillés, demain matin, tout ce que vous en êtes!

SHÉRIF, à Camel—Vous voyez bien qu'il est fou . . .

CAMEL—Je vous dis qu'il ne l'est pas, moi.

SHÉRIF—Vous êtes dans l'erreur, Camel.

CAMEL—Je vous dis, Shérif, qu'il n'est pas fou; je sais ce que je dis.

SHÉRIF—Eh bien! si vous savez ce que vous dites, nous, nous savons ce que nous faisons. Sortons. Geôlier, reconduisez les prisonniers à la prison (Il sort avec Camel.)

CAMEL, à part et sortant—Bête que je suis! . . . (Montrant le poing à Félix.) Ah! je te repincerai, va! . . .

FÉLIX, à part—Du courage! . . . je l'ai parée belle!

GEÔLIER, à Félix—Monsieur le gouverneur, il paraît que vos gens de là-haut ne se conduisent pas bien, et l'on vient demander votre secours pour rétablir l'ordre.

FÉLIX—J'y vais de suite. Ah! n'oubliez pas de dire à mon cocher de mettre mes deux chevaux blancs à mon carrosse et de faire préparer soixante et quinze paires de raquettes pour mes gens. Je pars pour l'Angleterre ce soir: la reine me fait mander. (Ils sortent.)