—Oui! le «naturalisme» dont on parle tant aujourd'hui ne lui suffit plus, il cherche, paraît-il, quelque chose au delà.

—Et quoi donc?…

—Je n'en sais rien; on essaiera la définition un autre jour.

—Oui, oui, un autre jour, dit M. Johann Schelm, qui s'était approché et avait appuyé son bras sur l'épaule d'Harris Wallholm.—Rentrons, mon enfant, la soirée est froide, tu pourrais t'enrhumer.

L'UNION LIBRE

I

Une fébrile impatience, une impatience véritablement épileptique et enragée, secouait la foule entassée depuis le lever du jour dans la Cent-Vingtième Rue du Quatorzième Quartier de San-Francisco.

L'agitation allait croissant; la rumeur des milliers de voix de cette multitude avait l'accent d'un océan qui se fâche.

C'est qu'on attendait un événement extraordinaire et de nature, certes, à faire délirer toutes les imaginations.

Depuis plus d'un mois, la chose était quotidiennement annoncée, en caractères d'affiche, à la première page des journaux; on en lisait le prospectus, farci de détails et d'illustrations, sur de vastes pancartes, promenées à dos d'homme par la ville; on relisait cette réclame le soir, aux rideaux d'entr'acte des théâtres ou sur d'immenses transparents illuminés par les entrepreneurs de publicité. Du salon au pavé, de l'alcôve à la belle étoile, on ne parlait plus que de cette affaire dont le dénoûment allait enfin se produire.