«Les meilleures salaisons sont les viandes d'Australie.»

Les bravos redoublent, énormément gais, car «la marque de fabrique,» la silhouette si connue, le toupet-panache et les deux favoris voltigent un instant à travers la salle, projetés avec furie par le clown occasionnel, l'habile comparse qui derrière le pilier de l'amphithéâtre, avait si ravissamment postiché le simili-Jonathan.

L'«EXPRESS-TIMES»

Les bruits d'hier soir ne sont que trop confirmés. Voici les dépêches d'un correspondant spécial, seul survivant du désastre. Nous donnons tel quel son récit télégraphié au vol:

Snowtown, 27 novembre, 7 p.m.

Quelle journée, quelle course, quelle fin! Mais procédons, par ordre, depuis le début.

Midi juste.—Le personnel est à son poste; nous nous installons dans le wagon de rédaction. Un coup de sifflet et la locomotive s'ébranle; le train-journal, le «rail-newspaper» se met en route.

On franchit lentement les complications de la gare; on file plus rapidement le long du tunnel creusé sous les faubourg; enfin nous roulons en pleine vitesse à travers champs.

Journée d'hiver splendide. Un peu de nuée noire seulement raye le ciel, mais loin à l'ouest, dans le pâle de l'horizon.

L'édition du matin est prête: nous flânons un moment de bavardage, dans le soleil rayonnant par les vitres sur la fumée bleue de nos havanes.