Peinture, la rivale et l'égale de Dieu.

Il y a peinture et peinture. On ne distingue rien, parce qu'on veut plaire aux artistes passés, présents et futurs, à Courbet aussi bien qu'à Raphaël qu'on révère comme un homme au-dessus de l'homme. On s'est fait de Dieu un bon compagnon d'atelier. Un jour qu'on aura beaucoup de modèles, les rapins s'amuseront à contrarier le rival et l'égal de leur pinceau, car il lui faudra entendre cette déclaration:

C'est un amour sans mélange,

Pur à rendre Dieu jaloux.

Si la jalousie n'a pas fait fuir le Dieu, voici ce qu'Albertus va lui apprendre:

Poignante volupté,—plaisir qui fait peut-être

L'homme l'égal de Dieu.

Sur ce terrain, Sénèque fait honte à l'homme, en comparant sa faiblesse à la vigueur du bouc que Buffon montre capable de satisfaire l'ardeur de cent cinquante chèvres. Si l'homme est seulement peut-être le rival de Dieu, le bouc sera certainement l'égal de Dieu. Or, comme le poisson est plus fécond que le bouc, il faudra lui concéder d'être supérieur à Dieu. On a calculé qu'une paire de harengs dont les œufs ne se perdraient pas, suffirait pour peupler tout ce qu'il y a d'eau dans le globe, en moins de dix ans. Ainsi, de conséquence en conséquence dans cette question de génération, la logique amènera invinciblement tout lecteur impartial à tirer cette conclusion:

Le Dieu de ce Gautier ne vaut pas un hareng.

[VII]