—Laissez-le gueuler, ce petit! si ça l’amuse, fit-il de son air goguenard; il faut bien que les enfants s’amusent.

L’Aztec partit, traînant les pieds et pleurant de rage. Naturellement, il songea à faire ce qu’avait fait Lebrac le samedi précédent: il se laissa choir derrière le premier buisson venu et, résolu à montrer aux Longevernes qu’il n’était pas plus couillon qu’eux, se dévêtit totalement, même de sa chemise, pour leur montrer son postérieur.

Au camp de Longeverne, on y pensait.

—Y va se fout’e de nous encore, tu vas voir, Lebrac, t’aurais dû le faire «rerosser».

—Laissez! laissez, fit le général, qui, comme Trochu, avait son plan.

—Quand je te le disais, nom de Dieu! cria Tintin.

Et en effet, l’Aztec, nu, se leva d’un seul bond de derrière son buisson, parut devant le front de bandière des Longevernes, leur montra ce qu’avait dit Tintin, et les traita de lâches, de brigands, de cochons pourris, de couilles molles, de..... puis voyant qu’ils faisaient mine de s’élancer prit son élan vers la lisière et fila comme un lièvre...

Il n’alla pas loin le malheureux...

D’un seul coup, à quatre pas devant lui, deux silhouettes patibulaires et sinistres se dressèrent, lui barrèrent la voie de leurs poings projetés en avant, puis violemment se saisirent de sa personne et, tout en le bourrant copieusement de coups de pied, le ramenèrent de force au Gros-Buisson qu’il venait de quitter.

Ce n’était point pour des prunes que Lebrac avait conféré avec Camus et Gambette; il voyait clair de loin, comme il disait, et, bien avant les autres, il avait pensé que son «boquezizi» lui jouerait le tour. Aussi l’avait-il bonassement laissé filer, malgré les objurgations des copains, pour mieux le repincer l’instant d’après.