—Faut la foutre dans un trou de purin, conseilla Tigibus. Hein! tout de même, qu’est-ce qu’il va dire à leurs gens, l’Aztec, et qu’est-ce que va lui repasser sa mère quand elle le verra rentrer cul nu?
Perdre un mouchoir, égarer sa casquette, casser un sabot, nouer un cordon, ça va bien, ça se voit tous les jours, ça vaut une ou deux paires de claques et encore, quand c’est vieux... mais perdre sa culotte, on a beau dire, ça ne se voit pas si souvent.
—Mes vieux, je voudrais pas être que de lui!
—Ça le dressera! affirma Tintin dont les poches rebondies des dépouilles opimes attestaient un ample butin.
—Encore deux ou trois secousses comme ça, fit-il en frappant sur ses cuisses et on pourra se passer de payer la contribution de guerre; on pourra faire la fête avec les sous.
—Mais c’te culotte, qu’est-ce qu’on va en faire?
—La culotte, trancha Lebrac, laissons-la dans la caverne du tilleul, je m’en sarge[55]; vous verrez bien demain; seulement vous savez, s’agit pas d’aller rancuser[56], hein, vous n’êtes pas des laveuses de lessive, tâchez de tenir vos langues. Je veux vous faire bien rigoler demain matin. Mais si le curé savait que c’est encore moi, y voudrait peut-être pas me faire ma première communion, comme l’année dernière passe que j’avais lavé mon encrier «dedans» le bénitier.
Et il ajouta, bravache, en vrai fils d’un père qui lisait «le Réveil des Campagnes» et «le Petit Brandon», organes anticléricaux de la province:
—Vous savez, c’est pas que j’y tienne à sa rondelle, mais c’est pour faire comme tout le monde.
—Qu’est-ce que tu veux faire, Lebrac? interrogèrent les camarades.