—Très bien, ça entre!

—As pas peur, c’est solide!

Et Lebrac, pour bien montrer que son œuvre était bonne, se coucha en travers de ce bâti surplombant le vide. Pas une pièce du bloc ne broncha!

—Hein! crâna-t-il fièrement en se redressant. Maintenant, posons les claies.

De son côté, Camus, par le moyen rudimentaire d’escaliers de pierres, réalisant une sorte de plan incliné, posait au-dessus de son mur les derniers matériaux; c’était un mur large de plus de trois pieds, hérissé en dehors de par la volonté du constructeur qui voulait, pour cacher l’entrée, dissimuler la régularité de sa maçonnerie, mais, au dedans, rectiligne autant que s’il eût été édifié à l’aide du fil à plomb et soigné, poli, fignolé, léché, dressé tout entier avec des pierres de choix.

Les blousées de feuilles mortes, apportées par les petits devant la caverne, formaient à côté d’un matelas de mousse un tas respectable; les claies s’alignaient, propres et bien tressées; ça avait marché rondement et on n’était pas des fainéants à Longeverne... quand on voulait.

L’ajustement des claies fut l’affaire d’une minute et bientôt une épaisse toiture de feuilles sèches fermait complètement en haut l’ouverture de la cabane. Un seul trou fut ménagé à droite de la porte, afin de permettre à la fumée (car on allumerait du feu dans la maison) de monter et de s’échapper.

Avant de procéder à l’aménagement intérieur, Lebrac et Camus, devant toutes leurs troupes réunies, massées face à la porte, suspendirent par un bout de ficelle une touffe énorme de beau gui d’un vert doré et patiné, dans les feuilles duquel luisaient les graines ainsi que des perles énormes. Les Gaulois faisaient comme ça, prétendait La Crique, et on dit que ça porte bonheur.

On poussa des hourrah!

—Vive la cabane!