—Vive nous!
—Vive Longeverne!
—A cul les Velrans! Enlevez-les!
—C’est des peigne-culs!
Ceci fait, et l’enthousiasme un peu calmé, on nettoya l’intérieur de la bâtisse.
Les cailloux inégaux furent enlevés et remplacés par d’autres. Chacun eut sa besogne. Lebrac distribuait les rôles et dirigeait, tout en travaillant comme quatre.
—Ici, au fond, contre le rocher, on mettra le trésor et les armes; du côté gauche, dans un emplacement limité par des planches, en face du foyer, une espèce de litière de feuilles et de mousses formant un lit douillet pour les blessés et les éreintés, puis quelques sièges. De l’autre côté, de part et d’autre du foyer, des bancs et des sièges de pierre; au milieu, un passage.
Chacun voulut avoir sa pierre et sa place attitrée à un banc. La Crique, fixé sur les questions de préséance, marqua les sièges de pierre avec du charbon et les bancs avec de la craie, afin qu’aucune discussion ne vînt à jaillir plus tard à ce sujet. La place de Lebrac était au fond, devant le trésor et les triques.
Une perche hérissée de clous fut tendue entre les parois de la muraille, derrière la pierre du général. Là, chacun y eut aussi son clou, matriculé, pour mettre son sabre et y appuyer sa lance ou son bâton. Les Longevernes, on le voit, étaient partisans d’une forte discipline et savaient s’y soumettre.
L’affaire de Camus, la semaine d’avant, n’avait pas été non plus pour ne point contenir ni calmer les velléités anarchiques de quelques guerriers, et la supériorité de Lebrac était vraiment incontestable.