Le premier coup de cloche annonçant la prière, sonnant à on ne sait quelle paroisse, ayant instantanément désagrégé les groupes, les Velrans, regagnant leur lisière, n’eurent pour ainsi dire qu’à cueillir Tintin gigotant de tous ses membres le dos sur le sol où le maintenait son tenace adversaire.
Les Longevernes n’avaient rien vu de cette prise, lorsque, se retrouvant au Gros Buisson et procédant des yeux à un dénombrement mutuel, ils durent bon gré mal gré reconnaître que Tintin manquait à l’appel.
Ils poussèrent le «tirouït» de ralliement. Rien ne répondit.
Ils crièrent, ils hurlèrent le nom de Tintin, et une huée moqueuse parvint à leurs oreilles.
Tintin était chauffé.
—Gambette, commanda Lebrac, cours, cours vite au village et va dire à la Marie qu’elle vienne tout de suite, que son frère est prisonnier; toi, Boulot, va-t’en à la cabane, défais l’armoire du trésor, et prépare tout ce qu’il faut pour le «rafistolage» du trésorier; trouve les boutons, enfile les aiguillées de fil afin qu’il n’y ait pas de temps de perdu.
Ah! les cochons! Mais comment ont-ils fait? Qui est-ce qui a vu quelque chose? C’est presque pas possible!
Personne ne pouvait répondre, et pour cause, aux questions du chef; nul n’avait rien remarqué.
—Faut attendre qu’ils le lâchent.
Mais Tintin, ligoté, bâillonné, derrière le rideau de taillis de la lisière, était long à revenir.