—Et l’honneur! nom de Dieu! rugit Lebrac. Vous voulez qu’on dise que les Longevernes se sont laissé chiper la culotte de Tintin tout comme un merdeux d’Aztec des Gués, vous voulez ça, vous! ah! non! nom de Dieu! non! jamais! ou bien on n’est rien qu’une bande de pignoufs juste bons à servir la messe et à empiler du bois derrière le fourneau.
Les autres ouvraient sur Lebrac des yeux interrogateurs; il répondit:
—Il faut reprendre la culotte de Tintin, il le faut à tout prix, quand ça ne serait que pour l’honneur, ou bien je ne veux plus être chef, ni me battre.
—Mais comment?
Tintin nu-jambes grelottait en pleurant au centre de ses amis.
—Voilà, reprit Lebrac qui avait ramassé ses idées et combiné son plan. Tintin va partir à la cabane rejoindre Boulot et attendre la Marie. Pendant ce temps-là, nous autres, au triple galop, avec nos triques et nos sabres, nous allons filer par les champs de la fin dessous, longer le bas du bois et aller les attendre à leur tranchée.
—Et la prière? fit quelqu’un.
—Merde pour la prière! riposta le chef. Les Velrans vont certainement aller à leur cabane, car ils en ont une, ils en ont sûrement une; pendant ce temps-là, on a le temps d’arriver; on se calera dans les rejets de la jeune coupe, le long de la tranchée qui descend.
Eux, à ce moment-là, n’auront plus de triques, ils ne se douteront de rien; alors, à mon commandement, tout d’un coup, on leur tombera dessus et on leur reprendra bien la culotte. A grands coups de trique, vous savez, et s’ils font de la rebiffe, cassez-leur z’y la gueule!
C’est entendu, allez, en route!